Monts Jura été 2013
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Juin N°40

Dossier spécial VTT et cyclotourisme
EN LIBRE SERVICE
LYON ET ENVIRONS
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LE CERF-VOLANT
Il faut avoir eu un cerf-volant entre les mains pour comprendre que ce bidule a priori anodin peut procurer des sensations autrement plus agréables que la crainte d'en prendre un sur le coin de la caboche lorsque, allongé tranquillement dans l'herbe, on entend un débutant multiplier les crashs à quelques mètres de soi. Le tout étant de faire montre de doigté, d'endurance et de concentration, maigres pré-requis au regard des possibilités offertes par cette invention.
On peut considérer que l'homme manie le cerf-volant depuis des temps immémoriaux sans craindre l'hyperbole : évoquée pour la première fois dans des écrits chinois datant du IVe siècle avant Jésus Christ, cette activité y était déjà présentée comme datant d'un bon bout de temps. Ceci étant, les braves pêcheurs auxquels on attribue par défaut la mise au point de cet instrument ont rapidement passé la main à des personnes aux intentions moins louables. C'est en effet dans un cadre militaire que s'est d'abord généralisée son utilisation (envoi de signaux, vols humains d'observation...), y compris en occident lors de son introduction au XIIe siècle. Il faudra ainsi attendre le XVIIIe siècle et le célèbre coup de foudre de Benjamin Franklin pour que le cerf-volant acquiert ses lettres de noblesses et contribue à d'importantes avancées scientifiques, notamment en matière de météorologie et d'aéronautique.
I BELIEVE I CAN FLY

Ce nécessaire historique étant posé, entrons dans le vif du sujet. Dans la plupart des cas, un cerf-volant se compose de trois éléments. Une voilure, généralement taillée dans une toile de nylon, une armature en fibre de verre ou en carbone et enfin une ou plusieurs lignes de retenues, chaque matériau ayant été sélectionné pour son équilibre entre résistance et souplesse (ce n'est pas un hasard si l'on a souvent recours au bambou dans la fabrication de modèles traditionnels). Deux qualités dont on mesure l'importance dès la première prise en main : faire voler un cerf-volant ne se résume pas à le tenir en laisse d'un air détaché mais, pour faire court, à constamment adapter la tension qu'on exerce sur les lignes aux caprices du vent. Pour faire court, car il existe à peu près autant de techniques de guidage que de types de cerfs-volants, et donc autant de manières (dilettante, artistique, sportive, compétitive) de vivre par procuration le rêve qui valut à Icare une vilaine insolation.
VENEZ COMME VOUS ÊTES

Les cerfs-volants dits monofils par exemple, ne se comportent pas de la même façon selon qu'ils sont statiques ou combattants. Les premiers, les plus courants, compensent ainsi un pilotage rudimentaire, fondé sur un seul impératif de stabilité, par la fantaisie et la démesure de leurs voilures. Les seconds, très répandus dans les pays asiatiques et dont les trajectoires se déterminent au moyen d'à-coups successifs, sont utilisés dans des joutes aériennes consistant à faire s'écraser les vaisseaux des adversaires. Il existe également des cerfs-volants embarquant deux, trois voire quatre lignes de retenue. Plus difficiles à manier car capables de prendre des virages, ils font la joie des amateurs d'acrobatie et de vitesse dans le cadre de disciplines d'une exigence physique (épaules, nuque et bras sont fortement mis à contribution) proportionnelle à la variété des figures réalisables. Le jargon est à l'avenant, Lazy Susan, Axel et autres Backspin étant le lot quotidien des aficionados du freestyle et du ballet. Quant aux cerfs-volants de traction, on ne saurait trop vous déconseiller leur utilisation en l'état : ils sont réservés au kitesurf (sur l'eau), au snowkite (sur la neige), au barefoot (pieds nus), au mountainboard (sur un skateboard tout-terrain) et plus largement aux spécialités impliquant des sauts et/ou des véhicules et des vents violents. Reste que toutes ces variantes ont en commun de proposer un cadre relativement sûr à l'un des défis les plus grisants qui soient : triompher des éléments.
OU PRATIQUER A LYON ?

Comme pour n'importe quelle activité, le cerf-volant exprime son plein potentiel lorsqu'on le découvre au sein de clubs ou associations en connaissant déjà les subtilités. Malheureusement, le département du Rhône n'est pas le mieux pourvu en la matière. Deux adresses méritent toutefois d'être notées. Tout d'abord le magasin Le Cri du kangourou qui, en sus de vendre tout le matériel nécessaire, vous fournira de précieux conseils pour bien débuter et choisir votre orientation. Des marsupiaux prêts à vous faire partager leur passion, vous en trouverez également du côté de la Kangaroo Team, du moins lorsque les pros du vol synchronisé qui la composent ne sont pas occupés par des démonstrations ou compétitions. Les personnels du Grand Lyon ont pour leur part droit à un interlocuteur supplémentaire, en l'occurrence la section vol libre de l'Association Sportive de la Communauté Urbaine de Lyon (ASCUL).
INFOS PRATIQUES
Le Cri du kangourou, 21 rue d'Algérie, Lyon 1 / 04 78 39 59 26
Kangaroo Team / 06 78 11 95 55
ASCUL / 04 26 99 38 23
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