Printemps du Vénéon
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Mai N°39

Dossier Spécial Rando
EN LIBRE SERVICE
LYON ET ENVIRONS
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LE JORKYBALL
Entre le coup de tête de Zinédine Zidane et la main de Thierry Henry, les banderolles cyniques des aficionados de l'OM et l'encadrement policier du moindre déplacement de leurs correspondants parisiens, y a pas à dire, le football est un sport de gentlemen. Ces dérapages ne doivent toutefois pas en occulter les qualités, surtout quand on le pratique en salle en comité (très) réduit. On appelle ça le Jorkyball, et la saison est idéale pour s'y essayer.
C'est dans un garage lyonnais et, avant cela, dans la tête du dénommé Gilles Paniez qu'est né le Jorkyball, en 1987. Et oui, ça ne date pas d'hier et pourtant, cette activité jouit d'une renommée pour le moins discrète, inversement proportionnelle à son accessibilité et à sa capacité à divertir. Dans les faits, le Jorkyball est en quelque sorte le fils illégitime du football, du squash et du billard puisque l'on y joue par équipes de deux, sur un petit terrain mesurant 10 m par 5 et recouvert de gazon synthétique, avec un ballon en feutrine et en utilisant à son avantage les parois en plexiglas de la salle. De loin, on pense à ces gamins tirant de toutes leurs forces et sans concertation aucune dans un mur. De près, le Jorkyball est un sport beaucoup moins anarchique et bas du front qu'il n'y parait.
DURA LEX SED LEX

La raison en est bête comme choux : en tant que sport collectif, il repose sur un corpus de règles léger mais précis et requiert par conséquent un certain sens de la discipline pour être apprécié à sa juste valeur. En bref, on retiendra pour commencer que les matchs se jouent en trois manches gagnantes, chaque manche prenant fin lorsqu'une équipe parvient à envoyer sept fois la balle au fond des filets adverses. Généralement, l'emporte celle dont les membres s'acquittent le mieux de leurs rôles respectifs tout en misant sur l'aspect collectif de la discipline. On dénombre ainsi un attaquant, autorisé à aller où bon lui semble, hormis dans la zone d'engagement de ses rivaux, et un défenseur qui est pour sa part condamné à ne pas dépasser le milieu du terrain. De fait, entre ces contraintes et les possibilités de rebonds offertes par l'environnement, le Jorkyball est un sport éminement tactique, qui en appelle autant aux réflexes qu'à la concentration, à la précision (les buts mesurent 1 m²) qu'à l'adaptabilité.
FAUTE ! COMMENT CA, NON ?

Ce n'est pas tout. Au-delà des méninges, le Jorkyball est un excellent moyen de suer dans la bonne humeur. D'une part grâce à sa configuration (binôme, ricochets, espace confiné), qui désamorce tout espoir de lambiner à l'écart de l'action (ou, pour les moins habiles de leurs pieds, tout risque d'être ignoré par ses pairs) et porte en elle la promesse de bien des coups d'éclat, fussent-ils calculés ou totalement fortuits. D'autre part grâce à l'absence quasi-totale d'arrêts de jeu, aucun contact physique n'étant par ailleurs autorisé. Intense, spectaculaire, stratégique, fair play, amusant, le Jorkyball serait-il l'activité sportive parfaite ? On se gardera de l'affirmer, bien qu'il puisse compter sur un ultime atout : son ouverture au plus grand nombre, favorisée aussi bien par l'absence de règles tordues du type hors-jeu que par la possibilité de le pratiquer sans s'en remettre à un club, mais aussi par la politique tarifaire appliquée par les entrepreneurs s'y intéressant. En moyenne, il vous en coûtera sept euros l'heure de jeu par personne dont deux pour la location de chaussures adaptées, hors abonnements et offres spéciales à destination des comités d'entreprise et autres fossoyeurs de vie de garçon. Pas étonnant en définitive qu'au-delà des 1 000 joueurs licenciés auprès des deux fédérations nationales existantes, on dénombre en France environ 50 000 pratiquants occasionnels. S'il vous prend après la lecture de ce papier de grossir leurs rangs, pensez bien à réserver vos séances, les équipements susceptibles d'accueillir des Jorkyballers n'étant pas des plus nombreux.
OU PRATIQUER SUR LYON ?

Le Jorkyball, au sens strict, s'offre à vous dans deux établissements, sans compter l'option « garage bien dégagé ». Sur Lyon, c'est le Fashion Club qui a pignon sur rue, dans le 7e arrondissement. Il dispose de quatre courts homologués et est le théâtre de divers tournois (un permanent, un « loisirs » le samedi après-midi...) auxquels vous n'êtes bien entendu pas obligés de participer. Le Sport Café, quant à lui, est installé à Brignais et fait office de quartier général de l'équipe des Pandas Brignais. Là aussi, il n'est pas obligatoire de rejoindre la cause pour profiter de ses trois terrains. Enfin, si votre cercle d'amis se compose de plus de quatre personnes, sachez que certains lieux sont en mesure d'héberger des parties à trois contre trois, quatre contre quatre ou cinq contre cinq. Dans ce cas, ce n'est plus du Jorkyball. Reste que le plaisir brut de frapper dans une balle et celui, un peu plus raffiné, de se serrer les coudes pour imposer sa suprématie, y est aussi au rendez-vous.
INFOS PRATIQUES
INFOS PRATIQUES
Fashion Club à Lyon 7 / 04 78 72 40 83
De 6€ à 7€ par personne la séance de 50 minutes de 10h à 23h (5€ à 5,50€ pour les étudiants)
Sport Café à Brignais (25 min de Lyon) / 04 72 31 79 67
De 5€ à 6€ par personne la séance d'une heure, réservation obligatoire de 10h à 16h
Jorkyball Lyonnais à Champagne au Mont d'Or (10 min de Lyon) / 04 78 35 74 71
7€ par personne la séance de 45 minutes, 10€ la séance d'une heure et demie
Ambiance Sport à La Verpillière (30 min de Lyon) / 04 74 94 19 73
De 6€ à 7€ par personne la séance d'une heure
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